Autism Research Institute

Autism Research Review International, 1999, Vol. 13, No. 2, page 3

Une progression explosive

Bernard Rimland, Ph.D.

« Foutaises ! », c'est ainsi que Bennett Leventhal interrogé par un journaliste du Chicago Sun-Times, qualifia un jour mes prises de position. J'avais affirmé que la progression de l'autisme est réelle et que les vaccins sont en l'espèce l'un des premiers facteurs à suspecter (ARRI, 9/3, 1995, 12/1, 1998). Bennett Leventhal, professeur de psychiatrie infantile et de pédiatrie à l'université de Chicago, estime pour sa part que le lien entre l'autisme et les vaccins ne peut être qu'une coïncidence et que la « piste génétique est de plus en plus convaincante ».

Quelle ironie ! « Foutaise », avait également estimé au milieu des années 1960 Bruno Bettelheim, son prédécesseur à l'université de Chicago, en réponse à mes propos insistants sur la composante génétique de l'autisme ! Nul ne peut en douter : la génétique joue bel et bien un rôle essentiel dans certains cas d'autisme. Mais nul ne peut non plus nier, malgré l'étonnant scepticisme de Bennett Leventhal et de bien d'autres, l'augmentation alarmante du nombre de cas d'autisme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni comme dans le reste du monde (voir le graphique). La seule question en suspend est le rôle déclencheur éventuellement joué par les vaccins dans ce qu'il faut se résoudre à appeler une épidémie d'autisme. Aucune piste n'est aujourd'hui plus plausible que celle des vaccins. Je n'ai pour ma part jamais entendu parler d'épidémie d'origine génétique.


Progression de l'autisme en Californie (tracé supérieur) et au Royaume-Uni (tracé inférieur). Le début des campagnes de vaccination ROR est repéré par les flèches (CA, 1978 ; R.U., 1988) ; (références sur demande).

Ceci étant dit, penchons-nous plus en détails sur cette question des vaccins, qui a été présentée au public de manière grossièrement déformée. Rappelons tout d'abord que le secteur médical, représenté par d'énormes firmes pharmaceutiques, de puissants services gouvernementaux, des facultés de médecine influantes ainsi que la majorité des médecins, un secteur qui représente donc des milliards de dollars, s'applique à nous convaincre que les vaccins sont parfaitement sûrs et efficaces. Ceux qui comme moi remettent en question l'innocuité des vaccins passent pour des excités n'ayant de cesse de les abolir. Ce n'est pas le cas ! Voici mon credo :

  1. Les vaccins sont dans l'ensemble efficaces, bien que bien moins que ne voudraient nous le faire croire leurs fervents défenseurs (ARRI, 12/1).
  2. Parce qu'ils font probablement plus de bien que de mal, il n'est pas question d'y renoncer.
  3. Les vaccins, dans l'état des modes de fabrication et d'utilisation actuels, sont à l'origine de nombreux problèmes, mal répertoriés, dont de nombreux cas d'autisme et autres troubles. L'élaboration et l'utilisation des vaccins devraient donc faire l'objet de procédures et de suivis beaucoup plus stricts.
  4. Le lien entre les vaccins et l'autisme est beaucoup plus étroit que le corps médical veut bien l'admettre, et il convient de mener de toute urgence des études très sérieuses en la matière.

Peut-être vous faites-vous la réflexion suivante : « Même si ce sont des millions de dollars qui sont en jeu, je peux sûrement faire confiance aux responsables des campagnes de vaccination : ils prennent soin de la santé de mon enfant ! » Et bien non, ce n'est pas le cas. Les pratiques des responsables de part et d'autre de l'Atlantique sont plus qu'édifiantes. Si l'on en croit de récents rapports, le gouvernement britannique a ignoré pendant quatre ans les mises en garde de conseillers scientifiques compétents en continuant d'utiliser des vaccins susceptibles d'être infectés par le virus ESB, dit virus de la vache folle. Sous la pression du Parlement, le ministère de la Santé a fini par promettre un rapport pour mars prochain !

La situation aux Etats-Unis n'est guère enviable. Le Congrès américain exige que soient consignés les numéros des lots de vaccins pour lesquels un nombre inhabituel « d'effets secondaires » suspects sont signalés. Mais ces informations sont ensuite tout simplement ignorées. Bien que suspects, ces lots ne sont pas détruits mais continuent d'être injectés à des nourrissons et à des enfants (il est en effet hors de question de gaspiller ces vaccins, car aux Etats-Unis tout comme au Royaume-Uni, les considérations financières l'emportent).

De même, aux Etats-Unis tout comme au Royaume-Uni, la loi impose aux médecins de signaler les « effets secondaires » observés par les parents à la suite des vaccinations. Or ces événements ne sont pas, dans leur grande majorité, signalés. Dans un sondage téléphonique mené par une association américaine de parents militants, le National Vaccine Information Center, 94% des médecins de l'état de New York ont confirmé ne pas souhaiter établir de compte-rendu lorsque des parents leur faisaient part d'effets secondaires notables chez leur enfant. Pourquoi ? Les médecins sont sans doute tellement convaincus de l'innocuité des vaccins que l'éventuelle réaction d'un enfant à la suite d'une vaccination ne peut être qu'une pure coïncidence. Peut-être aussi souhaitent-ils se prémunir de tout risque de poursuite pour erreur médicale. Quelles que soient les raisons de ce mutisme, le résultat est que les vaccins bénéficient d'une bien meilleure presse qu'ils ne le méritent.

Aux Etats-Unis, le CDC1 est à la fois chargé de promouvoir l'utilisation des vaccins et de s'assurer de leur innocuité et de leur efficacité. Ce très réel conflit d'intérêt ne peut être passé sous silence.

Le CDC s'emploie à faire augmenter le nombre de vaccins administrés aux jeunes enfants - environ 35 doses avant même l'entrée à l'école. Le vaccin ROR est l'un des premiers suspects, tant aux Etats-Unis qu'au Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, un vaste recours collectif en justice de parents d'enfants présentant des séquelles à la suite d'une vaccination est en cours. Demander au CDC de s'assurer la sécurité des vaccins revient à confier le poulailler au renard.

Le CDC s'est catégoriquement opposé à envisager le rôle éventuellement joué par les vaccins dans l'autisme. Lors d'une récente réunion à Brick dans le New Jersey, le Dr Jacqueline Bertrand, représentante du CDC, a exclu qu'il puisse exister le moindre lien entre les vaccins et le grand nombre d'enfants autistes répertoriés à Brick. Confrontée à la question de savoir si des prélèvements sanguins avaient été effectués pour déterminer le profil immunitaire de ces enfants et donc l'éventuel impact des vaccins, elle a simplement répondu que « non ». Sur quelle bases pouvait-elle s'appuyer pour exclure l'incidence des vaccins ? Face à une telle ouverture d'esprit, on ne peut s'attendre à des recherches pertinentes.

La réglementation actuellement en cours d'étude au Congrès attribuerait au CDC des millions de dollars pour la recherche sur les causes de l'autisme. Mais rien ne prouve que le CDC utiliserait à bon escient cet argent. Le 17 mai 1999, le secrétariat de l'Inspecteur général affirmait dans un article du PR Newswire que le CDC n'avait correctement utilisé que 9,8 millions des $22,7 millions de dollars alloués par le Congrès pour la recherche sur le syndrome de fatigue chronique. Le reste du budget avait été utilisé à d'autres fins. Le représentant officiel du CDC qui avait vendu la mèche, le Dr William Reeves, a déclaré que le 1,2 million de dollars consacré par le CDC aux campagnes de vaccination avait été illicitement imputé au projet de recherche sur le syndrome de fatigue chronique le tout dernier jour de l'année fiscale ! Mentir au Congrès est un acte répréhensible. Peut-on raisonnablement confier au CDC la responsabilité de mener des recherches sur l'autisme ? Certainement pas !

De nombreux éléments, bien que pas encore irréfutables, donnent à penser que le vaccin ROR participe de l'épidémie actuelle d'autisme. Ces éléments sont, entre autres, des études cliniques ainsi que les témoignages de milliers de parents établissant un lien entre l'autisme de leur enfant et un vaccin, en particulier le vaccin ROR. Les instances médicales compétentes au Royaume-Uni se sont employées à balayer les faits par des études aussi mal pensées que mal menées, dont le seul objectif semblait être de masquer les faits plutôt que de les porter au grand jour. Ces simulacres d'études me rappellent l'histoire de ce chasseur timoré qui après quelques pas dans la forêt en ressort en toute hâte en proclamant « Je viens de vérifier, il n'y a pas d'ours dans la forêt ».

Les associations de parents ne s'en font pas accroire par le bombardement médiatique affirmant que les vaccins sont tellement sûrs qu'il n'est nul besoin de les étudier. Elles exigent aujourd'hui des études sérieuses et honnêtes, menées par des chercheurs indépendants et non par des entités telles que le CDC. Nos enfants le méritent.

L'excellent guide sur les vaccins, Vaccine Guide (260 pages) du Dr Neustaedter est disponible auprès de l'ARI au prix de $17,00. Il s'accompagne d'un dossier d'information gratuit sur les vaccins rédigé par l'ARI.


1CDC (Center for Disease Control and Prevention) : institut fédéral américain de recherche sur les causes et la prévention des maladies

Traduit par é.t.i.c