ARI Publication 40 / Avril 2007
Traitements biomédicaux de l'autisme
Synthèse du Dr James B. Adams, Ph.D.
Avril 2007 – voir les mises à jour ultérieures sur http://autism.asu.edu.
Introduction
Ce document se veut une synthèse des principaux traitements biomédicaux disponibles à ce jour pour les enfants et adultes atteints d'autisme et du syndrome d'Asperger. Si ces traitements ne donnent pas toujours les résultats espérés, ils n'en ont pas moins aidé des milliers d'enfants à progresser, parfois de manière spectaculaire.
Cette synthèse s'appuie essentiellement sur l'excellent ouvrage Autism: Effective Biomedical Treatments des Dr Jon Pangborn, Ph.D. et Sidney Baker, MD, publié par l'Autism Research Institute. Ce livre présente de manière beaucoup plus détaillée les tests et traitements abordés ici de manière succincte. Autre source d'information, Children with Starving Brains du Dr Jaquelyn McCandless. Après lecture de ce document, il sera vivement recommandé de consulter ces ouvrages pour des informations plus approfondies.
Cette synthèse suit globalement la philosophie du Defeat Autism Now!, qui consiste à essayer de traiter les causes sous-jacentes des symptômes de l'autisme en s'appuyant sur des bilans de laboratoire, la recherche scientifique et l'expérience clinique, en laissant une large part aux approches nutrithérapeutiques. De nombreux traitements du Defeat Autism Now! sont nés de l'écoute des parents et des médecins.
Evaluation parentale de l'efficacité des traitements
L'efficacité de la plupart des traitements présentés dans les pages suivantes a été évaluée par l'ARI à partir des données communiquées par plus de 23 000 parents sous la forme de questionnaires. Les résultats de la dernière enquête de l'ARI sont présentés dans les documents Evaluation de l'incidence des traitements biomédicaux sur le comportement que vous trouverez dans la section française du site de l'ARI.
Autres traitements
Les thérapies comportementales telles que l'analyse appliquée du comportement (ABA), peuvent être extrêmement efficaces en complément des traitements biomédicaux. De même, l'orthophonie, l'intégration sensorielle, la psychomotricité, l'ergothérapie ainsi qu'un bon programme éducatif peuvent être également déterminants. Enfin, un travail sur les compétences relationnelles tel qu'un programme RDI (Relationship Development Intervention) et la participation à des groupes d'aptitudes relationnelles peuvent être un atout pour travailler la relation et les compétences sociales. Un traitement biomédical vient quant à lui renforcer l'efficacité de ces prises en charge en améliorant la santé du cerveau et de l'organisme, facilitant ainsi les apprentissages.
Présentation de l'auteur
Professeur à l'Université de l'Arizona, James Adams se consacre à la recherche sur les causes biologiques de l'autisme et leur traitement. Ses travaux ont porté sur les vitamines, les minéraux, les acides gras essentiels, les acides aminés, les neurotransmetteurs, la toxicité des métaux lourds, la détoxication, les bactéries gastro-intestinales, la régulation du système immunitaire et les troubles du sommeil chez l'enfant et l'adulte atteints d'autisme. Il a assuré la direction de la rédaction du Defeat Autism Now! Consensus Report de 2005 consacré au traitement de l'intoxication mercurielle chez les enfants atteints d'autisme, et est membre du comité exécutif du mouvement Defeat Autism Now!. Il est titulaire d'un doctorat en génie des matériaux, mais se consacre maintenant à la recherche sur l'autisme. Il est également professeur adjoint au Southwest College of Naturopathic Medicine, président de l'ASA du Greater Phoenix, et père d'une adolescente autiste.
Mise en place des traitements
Ce document aborde les différents traitements dans un ordre correspondant approximativement à l'ordre qu'il est généralement conseillé de suivre, mais votre médecin pourra opter pour une progression différente. Certains médecins ont d'ailleurs leurs préférences. Il est avant tout primordial d'observer chaque fois que possible les effets de chaque traitement, à la fois en termes de comportement et de résultats des analyses de laboratoire.
Progression retenue
- amélioration de l'alimentation
- allergies alimentaires
- régime SGSC
- vitamines/minéraux
- vitamine B6/magnésium à fortes doses
- acides gras essentiels
- traitement des intestins
- fongicides
- probiotiques
- enzymes digestives
- acides aminés
- mélatonine
- traitement de la thyroïde
- sulfatation
- glutathion
- chélation
- régulation du système immunitaire
Remarque : cette synthèse n'est pas à considérer comme un protocole médical, et le lecteur est invité à consulter un médecin afin d'identifier avec lui les traitements les mieux adaptés à son enfant. L'autisme étant un spectre, chaque traitement doit être individualisé.
Remarque : cette synthèse reflète les points de vue du Dr James B. Adams et n'engage nullement l'Université de l'Arizona, l'ASA, le mouvement Defeat Autism Now! ou toute autre entité.
Remerciements
J'aimerais remercier les nombreux médecins et chercheurs du mouvement Defeat Autism Now!, les parents ainsi que tous ceux qui m'ont aidé à réunir les informations qui suivent. Mes remerciements vont tout particulièrement aux Dr Jon Pangborn, Ph.D. et Tapan Audhya.
Dédicace
Ce document est dédié au Dr Bernard Rimland, Ph.D., en mémoire de ses travaux novateurs en matière de recherche et de soutien à l'autisme, et de son rayonnement qui a conduit d'autres à le suivre dans cette voie. Merci Bernie.
Votre mémento
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En cours |
Déjà tenté |
Planifié |
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Amélioration de l'alimentation |
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Allergies alimentaires |
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Régime SGSC |
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Vitamines/minéraux (ou jus) |
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Vitamine B6/magnésium à fortes doses |
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Acides gras essentiels |
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Traitement des intestins - fongicides - probiotiques |
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Enzymes digestives |
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Acides aminés |
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Mélatonine |
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Thyroïde - bilan - traitement |
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Sulfatation |
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Glutathion |
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Chélation |
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Régulation du système immunitaire |
Alimentation
Discussion
L'organisme a besoin de certains nutriments tels que vitamines, minéraux, acides gras essentiels et acides aminés (issus des protéines). Une alimentation équilibrée en légumes, fruits, et protéines est nécessaire pour apporter ces nutriments essentiels.
Présentation du régime
- Des légumes trois à quatre fois par jour, et des fruits une à deux fois par jour (le maïs n'est pas un légume mais une graine ; les pommes de terre, en particulier frites, n'ont qu'une valeur nutritionnelle limitée). Les jus de fruits sont moins intéressants que les fruits, bien que préférables aux sodas.
- Des protéines au moins une à deux fois par jour (viande, poulet, œufs, noisettes, légumes secs).
- Restreindre au maximum ou éviter les sucres ajoutés (sodas, bonbons, etc.).
- Eviter les aliments industriels - biscuits, frites - riches en calories vides.
- Restreindre au maximum ou éviter les aliments frits ou contenant des matières grasses trans.
- Eviter les colorants et les arômes artificiels ainsi que les conservateurs.
- Privilégier si possible une alimentation biologique, exempte de pesticides et plus riche en nutriments (vitamines et minéraux). A défaut d'une alimentation biologique, laver soigneusement les fruits et les légumes s'ils ne sont pas pelés.
Intérêt
- Les légumes et les fruits contiennent des vitamines, minéraux et phytonutriments essentiels qui améliorent et entretiennent la santé de l'organisme.
- Les protéines sont nécessaires pour apporter des acides aminés, composante essentielle des neurotransmetteurs et de nombreux autres acides aminés et protéines du corps.
- La diminution de la consommation de sucre permet d'éviter les fluctuations rapides du sucre sanguin, source d'irritabilité et de manque de concentration.
- Colorants et arômes artificiels peuvent agresser certains sujets sensibles, entraînant ainsi, entres autres, des troubles du comportement.
- Les pesticides contiennent souvent des métaux toxiques, et sont à considérer comme facteur possible d'autisme.
Durée : à vie
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% aggravation |
% sans effet |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Eviction du sucre |
2% |
51% |
48% |
3695 |
|
Régime Feingold |
2% |
45% |
53% |
758 |
Pour plus d'informations, voir le site www.feingold.org
Allergies alimentaires
Discussion
De nombreux enfants souffrant d'autisme présentent des allergies dues à des anomalies de leur système digestif et/ou immunitaire. Les aliments mal digérés et non fractionnés en sucres et acides aminés, etc. peuvent ensuite traverser la paroi intestinale et pénétrer dans le flux sanguin, en particulier si l'enfant présente une "paroi intestinale poreuse" du fait d'une inflammation. Le système immunitaire identifiant ces aliments comme "étrangers", il peut initier à leur encontre une réponse immunitaire résultant en une réaction allergique.
Traitement
- Eviter les aliments allergènes
- Envisager des enzymes digestives pour améliorer la digestion des aliments
- Essayer différentes méthodes pour traiter les intestins : de nombreuses allergies disparaissent une fois l'inflammation soignée
- Tenter un régime de rotation des aliments sur 4 jours, régime dans lequel chaque aliment n'est consommé qu'une fois tous les 4 jours, ceci réduisant les risques d'apparition d'une réaction allergique.
Bilans
Certaines réactions allergiques sont immédiates, d'autres différées plusieurs heures ou jours suivants, ce qui les rend d'autant plus difficiles à détecter. Certaines réactions sont très fortes, telles qu'irritations cutanées, voire choc anaphylactique, d'autres plus modérées telles que maux de tête ou douleurs gastriques.
Les bilans peuvent inclure des observations, la consignation systématique des aliments consommés, des analyses de peau et de sang.
Observations : soyez attentif aux rougeurs sur les joues, les oreilles, ainsi qu'aux cernes noires sous les yeux, qui peuvent être symptomatiques d'allergies. Observez également les changements de comportement.
Consignation des aliments consommés : tenez un journal des aliments consignés en recherchant de possibles schémas de corrélation entre les symptômes et les aliments consommés au cours des trois derniers jours.
Bilans sanguins : des tests d'IgE et IgG peuvent être couramment réalisés. Les IgE correspondent à une réponse immunitaire immédiate, les IgG à une réponse immunitaire différée.
Tests cutanés : moins efficaces puisqu'ils ne révèlent que des réactions immédiates.
Les tests d'allergie demeurent limités en ce sens que les IgE peuvent demeurer négatifs en présence même des symptômes cliniques d'une allergie alimentaire. De même, les tests d'IgG et d'IgE peuvent s'avérer positifs en l'absence de tout symptôme clinique. Ces tests peuvent être toutefois réalisés pour faciliter l'identification des aliments à éviter et observer les effets de leur éviction.
Si vous n'êtes pas en mesure de réaliser de tels tests, une autre méthode consiste à procéder à l'éviction des aliments allergènes les plus courants, dont le gluten, les produits laitiers, le sucre de canne, le maïs, le soja, les levures, l'arachide, les œufs, les colorants artificiels et les conservateurs artificiels. En présence d'améliorations, essayez de réintroduire chacun de ces aliments tous les quatre jours. Le gluten et les produits laitiers demeurent les derniers à réintroduire.
Intérêt
L'éviction des aliments allergènes peut entraîner de nombreuses améliorations chez certains enfants, en particulier en termes de comportement et d'attention.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
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% aggravation |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Eviction des allergènes |
3% |
37% |
560 |
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Régime de rotation |
2% |
50% |
792 |
|
Eviction du chocolat |
2% |
49% |
1721 |
|
Eviction des oeufs |
2% |
58% |
1096 |
Durée
Certaines allergies (telles que l'allergie à l'arachide) semblent définitives, tandis que d'autres peuvent s'estomper une fois l'inflammation intestinale résorbée ou le système immunitaire rééquilibré.
Recherche
Vojdani A., O'Bryan T., Green J. A., McCandless J., Woeller K. N., Vojdani E., Nourian A. A., Cooper E. L., "Immune response to dietary proteins, gliadin and cerebellar peptides in children with autism" (réponse immunitaire aux protéines, à la gliadine et aux peptides ayant un effet sur le cervelet chez les enfants atteints d'autisme), Nutritional Neuroscience, juin 2004 ; 7(3):151-61.
Lucarelli et al., "Food allergy and infantile autism" (allergies alimentaires et autisme infantile), Panminerva Medica, sept. 1995 ; 37(3):137-41.
Horvath K. et al, "Gastrointestinal abnormalities in children with autistic disorder" (anomalies gastro-intestinales chez les enfants atteints d'un trouble du spectre autistique), Journal of Pediatrics, 135 no. 5 (1999) 559-563.
Wakefield et al., "Enterocolitis in children with developmental disorders"(antérocolite chez les enfants atteints de troubles du développement), American Journal of Gastroenterology, sept. 2000 ; 95(9):2285-95.
Kushak R and Buie T “Disaccharidase deficiencies in patients with autistic spectrum disorders” (deficit en disaccharidase), congrès Defeat Autism Now! de la Nouvelle-Orléans, janvier 2004.
Horvath K. et Perman J. A., "Autistic disorder and gastrointestinal disease" (autisme et pathologies gastrointestinales), Current Opinion in Pediatrics, 14 (2002) 583.
Wakefield et al., "Enterocolitis in children with developmental disorders" (entérocolite chez les enfants atteints de troubles développementaux), American Journal of Gastroenterology, sept. 2000 ; 95(9):2285-95.
Kushak R. et Buie T., "Disaccharidase deficiencies in patients with autistic spectrum disorders” (digestion des disaccharides chez les sujets atteints d'un trouble du spectre autistique), congrès Defeat Autism Now! de la Nouvelle-Orléans, janvier 2004.
Eviction du gluten, de la caséine (et souvent du maïs et du soja)
Discussion
L'évolution de l'homme ne s'est pas appuyée sur une consommation soutenue de blé et de produits laitiers. L'être humain est la seule espèce à boire du lait à l'âge adulte, et en particulier à consommer le lait d'une autre espèce. Le lait de vache est parfait pour les veaux, mais non pour l'humain, en particulier passé l'âge de l'allaitement.
Au cours des siècles passés, la culture du blé a évolué de manière à augmenter sensiblement sa teneur en gluten, et l'alimentation américaine classique se caractérise aujourd'hui par une consommation de blé beaucoup plus soutenue qu'il y a 1000 à 10 000 ans. Le gluten (présent dans le blé, le seigle, l'orge et le cas échéant l'avoine) ainsi que la caséine (omniprésente dans les produits laitiers) peuvent présenter deux problèmes :
1. il s'agit d'allergènes connus (voir les sections précédentes), en particulier chez l'enfant et l'adulte atteints d'autisme,
2. Certains peptides issus du gluten et de la caséine peuvent se lier aux récepteurs opioïdes du cerveau et exercer un effet notable sur le comportement (à la manière de l'héroïne ou de la morphine), et entraîner des troubles tels que troubles du sommeil, manque d'attention/"déconnexion", ainsi que des comportements agressifs, voire automutilateurs ; à l'instar des substances opioïdes, ils peuvent induire une forte dépendance, et leur éviction peut s'accompagner d'un effet de sevrage spectaculaire.
Ces problèmes semblent être dus à :
1) une incapacité du système digestif à fractionner de manière satisfaisante le gluten et la caséine en acides aminés uniques,
2) une inflammation des intestins permettant aux peptides de gluten et de caséine de rejoindre le flux sanguin et d'atteindre les récepteurs opioïdes du cerveau.
Traitement
- Eviction complète du gluten et de tous les produits laitiers. Des quantités même infimes, telles qu'une bouchée de biscuit, peuvent entraîner une réaction allergique ou opioïde. De nombreux aliments, tels que les frites industrielles et les raisins secs, contiennent des traces de farine destinée à empêcher leur agglomération, aussi peut-il s'avérer extrêmement difficile d'éviter tous les aliments contenant du gluten ou susceptibles d'être contaminés.
- Les enzymes digestives peuvent être utiles, en particulier en cas d'exposition accidentelle, mais elles ne sont probablement pas aussi efficaces qu'une éviction complète de la caséine et du gluten.
- Il est généralement souhaitable de supprimer les aliments à base de maïs et de soja.
- Reichelt a mené différentes études qui ont permis de déceler des taux de peptides urinaires anormaux dans les urines des personnes atteintes d'autisme, et constaté par des études à long terme des améliorations sensibles suite à l'introduction du régime sans gluten ni caséine.
- Cade a
constaté l'intérêt de l'utilisation prolongée d'enzymes digestives, mais conclut
que le régime n'en demeure pas moins plus efficace.
Une étude élargie de Cade auprès de 150 enfants atteints d'autisme a permis de constater que 87% présentaient des anticorps IgG (allergie) du gluten, contre 1% des contrôles appariés en termes d'âge et de sexe, et que 90% présentaient des anticorps IgG de caséine, contre 7% chez les sujets de contrôle. - Cade a également
étudié 70 enfants autistes au régime sans gluten ni caséine pendant 1 à 8 ans
et constaté que 81% d'entre eux avaient progressé de manière significative en
l'espace de trois mois, avec une prolongation des améliorations pendant les 12
mois suivants. Des améliorations sensibles avaient été également constatées dans
les domaines suivants : isolement, contact oculaire, mutisme, compétences
d'apprentissage, hyperactivité, activités stéréotypées, angoisses.
Parmi les 19% qui n'avaient pas progressé, environ 1/3 ne suivait pas le régime et présentait encore des taux sanguins élevés de peptides du gluten et de la caséine.
Cade R., Privette M. et al., "Autism and Schizophrenia: Intestinal Disorders" (autisme et schizophrénie : troubles intestinaux), Nutritional Neuroscience 3 (2000) 57-72, Overseas Publishers Association, (OPA) N.V. - Reichelt et al., "Biologically active peptide-containing fractions in schizophrenia and childhood autism" (effets des fractions contenant des peptides biologiquement actifs dans la schizophrénie et l'autisme infantile), Advances in Biochemical Psychopharmacoly, 1981 ; 28:627-43.
- Knivsberg A. M., Reichelt K. L., Nodland M., "Reports on dietary intervention in autistic disorders" (conclusions sur des essais de traitement diététique dans les troubles du spectre autistique), Nutritional Neuroscience, 2001 ; 4(1):25-37.
- Knivsberg A. M., Reichelt K. L., Hoien T., Nodland M., étude en double-aveugle sur 10 enfants atteints d'autisme ayant démontré une amélioration chez huit d'entre eux suite à l'introduction d'un régime SGSC, "A randomised, controlled study of dietary intervention in autistic syndromes" (étude aléatoire contrôlée de régime sur les syndromes autistiques), Nutritional Neuroscience, sept. 2002 ; 5(4):251-61.
- Une étude transversale en double-aveugle menée par Elder et al. pendant 12 semaines d'introduction du régime SGSC chez 15 enfants atteints d'autisme n'a pas permis de constater d'améliorations sensibles, bien que les parents aient signalé des améliorations non identifiées dans le cadre des bilans, "The gluten-free, casein-free diet in autism: results of a preliminary double blind clinical trial" (le régime sans gluten ni caséine dans l'autisme : résultats d'un essai clinique préliminaire en double-aveugle), Journal of Autism Development Disorder, 2006 413-420.
- La plupart des compléments ne contiennent pas tous les minéraux et vitamines essentiels, ou la teneur en est insuffisante.
- Parmi les compléments de vitamines et de minéraux à large spectre qui conviennent, il faut citer Super Nu Thera (à forte teneur en vitamine B6) et Spectrum Complete de Kirkman, Spectrum Support de Brainchild et Awaken Nutrition. Toutefois, la plupart de ces compléments ne contiennent ni assez de calcium, également indispensable, ni fer, dont certains enfants peuvent avoir besoin.
- Un apport de calcium est indispensable pour les personnes au régime sans lait.
- Le fer est nécessaire pour certains enfants neurotypiques ou atteints d'autisme, mais ne doit être administré qu'en cas de carence avérée, car un surdosage peut être néfaste.
- D'une manière générale, les compléments alimentaires sont une bonne manière de remonter les taux de certains nutriments clés susceptibles de ne pas être consommés en quantité suffisante.
- Une petite
étude en double aveugle avec groupe de contrôle placebo publiée par Adams et
al. a conclu qu'une supplémentation soutenue et équilibrée en
multi-vitamines/minéraux entraînait des améliorations chez les enfants autistes
sur le plan du sommeil et de la fonction intestinale ainsi que le cas échéant dans
d'autres domaines.
"Pilot study of a moderate dose multivitamin-mineral supplement for children with autistic spectrum disorder" (étude pilote d'une supplémentation modérée en multivitamines/minéraux chez des enfants atteints de troubles autistiques), Adams J. B. et al., Journal of Complementary and Alternative Medicine., déc. 2004 ; 10(6):1033-9. - Une autre étude de Dolske M. C., Spollen J., McKay S., Lancashire E., Tolbert L. a constaté que des doses élevées de vitamine C (1,1 g/10 kg) aidaient les enfants atteints d'autisme, "A preliminary trial of ascorbic acid as supplemental therapy for autism" (essai préliminaire de supplémentation en acide ascorbique dans l'autisme), Prog. Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry, sept. 1993 ; 17(5):765-74.
- Différentes
études ont mis en évidence un stress oxydant important suggérant un manque
d'antioxydants ou un besoin accru en antioxydants.
Pour plus d'informations, consulter le site http://autism.asu.edu - S. Vancassel et al., "Plasma fatty acid levels in autistic children" (taux d'acides gras plasmatisques chez les enfants autistes), Prostaglandins Leukot. Essent. Fatty Acids, 2001, 65:1-7.
- Bell et al. (2002), "Abnormal fatty acid metabolism in autism and Asperger’s syndrome" (anomalies du métabolisme des acides gras essentiels dans l'autisme et le syndrome d'Asperger), Phospholipid Spectrum Disorder in Psychiatry and Neurology (2e édition).
- Omégas 3 : 20-60 mg/kg (soit 600-1800 mg pour un enfant de 30 kg). Pour les jeunes enfants, choisir un complément riche en DHA ; pour les enfants plus âgés et les adultes, opter pour un complément riche en EPA.
- Omégas 6
: le
rapport est de ¼ d'omégas 6 pour une dose d'omégas 3 ; en d'autres
termes, 250 mg d'omégas 6 pour 1000 mg d'omégas 3. Il est
important de maintenir l'équilibre entre les omégas 3 et les omégas 6.
Aussi, bien que, si l'on prend l'exemple des Etats-Unis, les omégas 6 soient
généralement consommés en quantité suffisante, les apports en omégas 3
devront être généralement supérieurs.
L'huile de lin est également source d'omégas 3, mais la forme qu'elle fournit (acide alpha-linoléique) doit être convertie par l'organisme sous sa forme active (EPA et DHA). Il semblerait que les enfants atteints d'autisme ne métabolisent pas bien l'huile de lin, aussi nous privilégions plutôt les huiles de poisson.
L'huile de foie de morue (ainsi que d'autres huiles de foie de poisson) constitue une bonne source d'omégas 3 et fournit par ailleurs de bonnes quantités de vitamine A et D. Toutefois, les apports en vitamine A issus de l'ensemble des compléments ne doivent pas excéder de beaucoup l'apport journalier conseillé (voir la section consacrée aux vitamines/minéraux) pendant des périodes prolongées, car le stockage d'un excès de vitamine A peut altérer le fonctionnement du foie (les carotènes sont des précurseurs de la vitamine A et ne posent donc aucun problème). - Un essai ouvert d'acides gras essentiels pendant 90 jours chez 18 enfant autistes a permis de constater une amélioration significative en termes de langage et de compétences d'apprentissage. Patrick L. et Salik R., "The Effect of Essential Fatty Acid Supplementation on Language Development and Learning Skills in Autism and Asperger’s syndrome" (effets sur le langage et les capacités d'apprentissage de la supplémentation en acides gras essentiels sur des sujets autistes et Asperger), Autism/Asperger’s Digest: Research Article, janvier/février 2005.
- Une petite étude en double-aveugle avec groupe de contrôle placebo d'Amminger et al. a conclu que les huiles de poisson pourraient alléger l'hyperactivité, mais la cohorte était trop limitée pour que les résultats puissent être considérés statistiquement significatifs. Amminger et al., "Omega-3 Fatty Acids Supplementation in Children with Autism: A Double-blind Randomized, Placebo-controlled Pilot Study" (supplémentation en acides gras essentiels des enfants atteints d'autisme : étude pilote aléatoire en double-aveugle avec groupe de contrôle placebo", Biological Psychiatry, 22 août 2006.
- Une étude d'Adams et al. a permis de constater qu'une supplémentation de deux mois en huiles de poisson (riches en DHA) avait apporté des améliorations sensibles en termes de sociabilisation ainsi que dans d'autres domaines, en particulier chez les enfants et adultes qui ne consommaient du poisson qu'une fois par mois, voire jamais.
- Une étude ouverte d'Audhya et al. menée pendant neuf mois a conclu à une légère amélioration en l'espace de 6 mois ainsi qu'à une amélioration notable à l'issue des neuf mois. L'amélioration la plus nette concernait les intestins (endoscopies préliminaires et ultérieures dans de nombreux cas), ainsi que d'autres domaines.
- Horvath K. et al., "Gastrointestinal abnormalities in children with autistic disorder" (anomalies gastrointestinales chez les enfants atteints d'un trouble du spectre autistique), J. Pediatrics 135, no. 5 (1999) 559-563.
- Horvath K. et Perman J. A., "Autistic disorder and gastrointestinal disease” (spectre autistique et pathologies gastrointestinales), Current Opinion in Pediatrics, 14 (2002) 583.
- Kushak R. et Buie T., "Disaccharidase deficiencies in patients with autistic spectrum disorders" (manque de disaccharidases chez les patients atteints de troubles du spectre autistique), congrès Defeat Autism Now! de la Nouvelle-Orléans, janvier 2004.
Intérêt
Les enfants dont l'alimentation se compose essentiellement de produits laitiers et de blé sont les plus susceptibles de profiter de ce régime. Les régimes sans caséine donnent généralement des résultats en l'espace d'un mois, voire d'une semaine. Les régimes sans gluten mettent généralement de un à trois mois pour produire un effet. On peut assister chez certains enfants à une aggravation des symptômes pendant quelques jours (assimilable à un effet de sevrage), suivie d'une amélioration.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% sans effet |
% aggravation |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Régime sans gluten ni caséine |
3% |
32% |
65% |
1446 |
|
Régime sans caséine |
2% |
49% |
49% |
5574 |
|
Régime sans gluten |
2% |
50% |
48% |
3159 |
Durée
Au moins tant que les problèmes intestinaux ne sont pas réglés, et le cas échéant à vie.
Mise en garde : à moins que l'enfant ne consomme des aliments particulièrement riches en calcium, il est essentiel de lui donner des compléments de calcium.
Bilans
Il existe des tests d'allergie au blé et aux produits laitiers. Néanmoins, un test d'allergie négatif ne permet pas de conclure à l'absence d'allergie au lait et au blé, ces aliments pouvant également avoir une action opioïde. L'essai d'éviction de ces aliments est le meilleur test.
Recherche
Autres régimes
D'autres régimes sont actuellement à l'étude. Il s'agit en particulier du régime de glucides spécifiques (SCD), qui consiste à éviter tous les hydrates de carbone et la plupart des sucres (à l'exception des monosaccharides des fruits). Voir à ce propos le site www.pecanbread.com.
Pour plus d'informations : voir le site de "l'Autism Network for Dietary Intervention" : www.autismndi.com.
Vitamines/minéraux
Discussion
De nombreuses études ont démontré que certains minéraux et vitamines étaient à considérer comme "essentiels", des carences pouvant être à l'origine de maladies ou de décès. Les apports journaliers conseillés correspondent aux quantités minimales nécessaires pour prévenir la maladie, mais elles peuvent s'avérer insuffisantes pour une santé et mentale et physique optimale. Si l'on considère certains minéraux et vitamines, la consommation de la plupart des américains demeure inférieure aux doses journalières préconisées. Ainsi, certaines femmes sont carencées en calcium et en fer et donc sujettes à l'ostéoporose et à l'anémie.
Traitement
Les vitamines et les minéraux sont présents dans les légumes, les fruits, la viande et ainsi que divers aliments. Si l'on prend l'exemple de l'alimentation américaine courante, elle manque toutefois des vitamines et minéraux essentiels, et il est souvent nécessaire de prendre des compléments.
Jus de fruits : il peut être intéressant d'utiliser un robot pour préparer des jus de légumes et de fruits frais que l'on conservera quelques jours au plus au frais dans un récipient hermétiquement fermé. Contrairement aux jus de fruits industriels qui sont "pasteurisés", c'est-à-dire chauffés afin de détruire les bactéries, ce qui entraîne également la perte de certains nutriments, les jus de légumes et de fruits frais sont une source précieuse de vitamines, minéraux et autres nutriments.
Le centrifugeage des légumes et des fruits ne restituant qu'environ la moitié des vitamines et minéraux initiaux, il est conseillé, après la première extraction, de laisser tremper la pulpe pendant environ 15 minutes dans un petit volume d'eau (environ 10% de la quantité de liquide initialement extraite) avant de remixer la pulpe afin de récupérer la plupart des vitamines et minéraux restants.
Le seul petit inconvénient des jus est la perte des fibres non solubles, mais les fibres solubles, qui sont les plus importantes, sont toutefois conservées. Le principal intérêt des jus est qu'ils permettent souvent de faire consommer de manière agréable des nutriments sains à des enfants peu enclins à manger des fruits et des légumes.
A privilégier, le chou, les épinards, les carottes, le brocoli, le persil, l'origan, mélangés à une petite quantité de fruits pour le goût et l'apport d'autres nutriments.
Les légumes et les fruits d'origine biologique sont préférables car plus riches en vitamines et en minéraux et exempts de pesticides toxiques. 250 g de fruits/jour devraient suffire pour la plupart des enfants et adultes s'ils consomment par ailleurs d'autres fruits et légumes.
Compléments alimentaires : les compléments alimentaires de vitamines/minéraux ne sont que très peu réglementés, et certains ne sont pas conformes aux teneurs affichées ou se présentent sous une forme peu absorbable. Certains laboratoires se soumettent au programme de vérification des compléments alimentaires (DSVP) d'USP (United States Pharmacopeia), organisme américain chargé de vérifier les produits pharmaceutiques et les compléments.
Vérifiez la mention USP ou DSVP ou consultez le lien http://www.usp.org/USPVerified/?USP_OTL=EN pour vérifier les produits proposés par les différents laboratoires.
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Autres considérations
Bilans
La plupart des bilans de vitamines et de minéraux peuvent être réalisés au moyen de prélèvements sanguins effectués à jeun. Aux Etats-Unis, Vitamin Diagnostics est l'un des rares laboratoires à mesurer toutes les vitamines.
Différents laboratoires sont par ailleurs en mesure d'effectuer des bilans pour la plupart des minéraux, dont la plupart peuvent être mesurés de manière fiable par une numération de la formule sanguine (NFS).
Le calcium est normalement mesuré dans les urines, de préférence à l'issue d'une collecte de 24 heures. Certains laboratoires proposent également une évaluation fonctionnelle des besoins en vitamines et minéraux à partir de prélèvements d'urine et de sang.
Doses conseillées
Nous conseillons pour commencer les doses suivantes pour les personnes atteintes d'autisme. Chacun aura néanmoins besoin de doses adaptées en fonction de son alimentation et de ses besoins métaboliques, et des analyses de laboratoire faciliteront l'évaluation des doses optimales.
Rappelons que les vitamines et les minéraux peuvent avoir un effet puissant sur le corps et le comportement, et nous conseillons de commencer par des doses faibles (1/10 de celles-ci-dessous) et de les augmenter progressivement au cours des 3-4 semaines suivantes.
Du fer ne doit être ajouté qu'en cas de bilan confirmant une réelle carence.
Les doses ci-dessous sont à adapter en fonction du poids, c'est-à-dire la moitié pour un enfant de 13,5 kg et 50% de plus pour un enfant de 40 kg et plus.
|
VITAMINES |
Apport conseillé (pour un enfant autiste de 27 kg) |
A. J. (4-8 ans) |
A. J. maximal |
|
Vitamine A (complexe de caroténoïdes) |
6000 UI caroténoïdes (équivalant à 3000 UI de vit. A) |
400 mcg (1333 UI) |
900 mcg (3000 UI) |
|
Vitamine C (acide ascorbique) |
1000 mg |
25 mg |
650 mg |
|
Vitamine D (cholécalciférol) |
150 UI |
5 mcg (200 UI) |
50 mcg (2000 UI) |
|
Vitamine E (complexe de tocophérols) |
200 UI |
7 mg (10,5 UI) |
300 mg (450 UI) |
|
Vitamine K |
0 |
55 mg |
- |
|
B1 (thiamine HCl) |
30 mg |
0,6 mg |
- |
|
B2 (riboflavine) |
20mg |
0,6 mg |
- |
|
B3 (niacine/niacinamide) |
15 mg niacine 20 mg niacinamide |
8 mg |
15 mg |
|
B5 (D-pantothénate de calcium) |
25 mg |
3 mg |
- |
|
B6 (pyridoxal HCl) |
40 mg***** |
0,6 |
40 mg |
|
B12 (cyanocobalamine) |
800 mcg |
1,2 mcg |
- |
|
Acide folique |
400 mcg |
200 mcg |
400 mcg |
|
Acide folinique |
400 mg |
||
|
Biotine (d-biotine) |
300 mcg |
12 mcg |
- |
|
Choline (choline bitartrate) |
250 mg |
250 mg |
1000 mg |
|
Inositol (inositol monophosphate) |
100 mg |
n/a |
- |
|
MINERAUX |
|||
|
Calcium (citrate de calcium) |
50 mg |
800 mg |
2500 mg |
|
Chrome (chélate de chrome) |
70 mcg |
15 mcg |
- |
|
Cuivre |
0 |
440 mcg |
3000 mcg |
|
Iodine (iodure de potassium) |
100 mcg |
90 mcg |
300 mcg |
|
Fer ** |
0 |
10 mg |
40 mg |
|
Lithium (acide aminé chélate de lithium) |
500 mcg |
n/a*** |
- |
|
Magnésium (glycinate ou citrate de magnésium) |
150 mg |
130 mg |
110 mg* |
|
Manganèse (manganèse taurate) |
10 mg |
1,5 mg |
3 mg |
|
Molybdène (chélate de molybdène) |
125 mcg |
22 mcg |
600 mcg |
|
Phosphore |
0 |
500 mg |
3000 mg |
|
Potassium (citrate de potassium) |
50 mg |
1500 mg |
- |
|
Sélénium (chélate de sélénium) |
85 mcg |
30 mcg |
150 mcg |
|
Soufre (MSM) |
500 mg |
n/a |
- |
|
Zinc (citrate de zinc) |
10-30 mg**** |
5 mg |
12 mg |
* Pour le magnésium, les valeurs d'UI correspond aux doses données en complément, à l'exclusion de celles consommées par le biais de l'alimentation.
** Le fer ne doit
être donné, de manière individualisée, que suite à un test de ferritine sérique
révélant une carence en fer. Nous suggérons 5-10 mg de chélate de fer pendant
4 semaines, et la moitié de cette dose par la suite.
*** Les besoins quotidiens en lithium dans l'alimentation sont de 1900 mcg/jour
chez l'adulte.
**** Certains enfants peuvent présenter des besoins encore supérieurs en zinc.
***** Certains enfants et adultes peuvent bénéficier de doses bien supérieures.
Voir à ce propos la section consacrée à la vitamine B6 à fortes doses.
Durée
A vie, bien que l'amélioration de l'alimentation et le rétablissement de la paroi intestinale puissent réduire les besoins en supplémentation.
Mise en garde : la plupart des vitamines étant hydrosolubles, d'éventuels excès seront éliminés dans les urines.
D'autres, telles que les vitamines A, D, E et K, sont en revanche liposolubles et peuvent s'accumuler dans l'organisme et entraîner une toxicité en cas de consommation à fortes doses (au-dessus de celles recommandées) pendant une période prolongée.
Un surdosage en minéraux peut entraîner des problèmes, et les doses maximales évoquées ci-dessus ne doivent pas être dépassées sans l'avis d'un médecin ou d'un nutritionniste.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% aggravation |
% sans effet |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Vitamine A |
2% |
58% |
41% |
618 |
|
CalciumE |
2% |
62% |
36% |
1378 |
|
Acide folique |
3% |
54% |
42% |
1437 |
|
Magnésium |
6% |
65% |
29% |
301 |
|
P5P (Vit. B6) |
13% |
37% |
51% |
213 |
|
Vitamine B3 |
4% |
55% |
41% |
659 |
|
Vitamine B6 seule |
8% |
63% |
30% |
620 |
|
Vitamine B6 et magnésium |
4% |
49% |
47% |
5780 |
|
Vitamine B12 |
4% |
33% |
63% |
192 |
|
Vitamine C |
2% |
57% |
41% |
1706 |
|
Zinc |
2% |
51% |
47% |
1244 |
Recherche
Vitamine B6 et magnésium à doses élevées
Discussion
Plus de 20 études sur l'intérêt de la vitamine B6 et du magnésium pour l'autisme ont été menées, dont 12 études placebo en double-aveugle avec groupe de contrôle, ce qui fait de ce traitement l'un de ceux les plus étudiés pour l'autisme.
Presque toutes ces études ont conclu que 45-50% des enfants et adultes atteints d'autisme bénéficiaient d'une supplémentation à fortes doses en vitamine B6 et magnésium.
La vitamine B6 intervient dans plus de 100 réactions enzymatiques, dont la production de neurotransmetteurs essentiels (sérotonine, dopamine et autres) et de glutathion (nécessaire à la détoxication).
Le magnésium limite l'hyperactivité qui peut se produire lorsque la vitamine B6 est utilisée seule.
La plupart des études utilisaient des doses de B6 d'environ 17-33 mg/kg (1000 mg au maximum). Une seule portait sur un dosage inférieur (3 mg/mg), or il s'agit de la seule n'ayant trouvé aucun progrès.
Une étude de T. Audhya a consisté à augmenter progressivement les doses de vitamine B6 en passant de 2 à 21 mg/kg. Il s'est avéré qu'au moins 7 mg/kg étaient nécessaires pour commencer à constater des effets, et que 14 mg/kg étaient généralement suffisants pour obtenir de réels changements chez la plupart des enfants.
Les raisons pour lesquelles nombre d'enfants et d'adultes bénéficient de doses élevées de vitamine B6 ne sont pas encore très claires, mais une hypothèse peut être retenue : 1) une diminution de la capacité à convertir la vitamine B6 sous une forme active, et 2) un manque d'enzymes nécessaires pour produire des neurotransmetteurs clés nécessitant une quantité particulièrement élevée de la forme active de la vitamine B6 (pour plus de précisions, voir Adams et al., "Abnormally high plasma levels of vitamin B6 in children with autism not taking supplements compared to controls not taking supplements" (niveaux plasmatiques excessivement élevés, hors prise de compléments de vitamine B6, chez les enfants autistes par rapport aux témoins), Journal of Alternative and Complementary Medicine., janvier-février 2006 ;12(1):59-63).
Traitement
Après avoir fait la synthèse des différentes recherches menées, le Dr Bernard Rimland a recommandé une dose d'environ 17 mg/kg de vitamine B6 (1000 mg maximum) et la moitié de magnésium. Il insistait toutefois sur le fait que les besoins pouvaient être selon les cas supérieurs ou inférieurs. Les recherches ayant pour la plupart porté sur des enfants et adultes qui ne suivaient généralement pas un traitement Defeat Autism Now!, il est possible que les besoins en vitamine B6 soient inférieurs chez les patients sous traitement.
Bilan
Aucun examen de laboratoire ne permet actuellement d'identifier les sujets qui bénéficieront d'un apport de B6 à fortes doses, bien que des niveaux abaissés de neurotransmetteurs puissent constituer une piste. Le meilleur test consiste en un essai de deux mois, en augmentant progressivement la dose pour passer de 2 à 17 mg/kg de B6, et la moitié en magnésium.
Mise en garde : des doses élevées de vitamine B6 chez les enfants et adultes atteints d'autisme semblent très sûres. Une étude menée par Audhya pendant 6 mois de traitement par vitamine B6 fortement dosée sous deux formes (phosphate de pyridoxal PLP ou pyridoxine HCl) chez 184 enfants atteints d'autisme a permis de constater des effets indésirables (aggravation du comportement) chez 10% des enfants sous PLP (la moitié du groupe) contre aucun chez ceux sous pyridoxine HCl. Le PLP peut toutefois mieux convenir à certains enfants.
Nous suggérons donc de débuter avec le pyridoxine HCL avant d'envisager d'ajouter du P5P (5-25 mg) pour voir si celui-ci apporte d'autres améliorations.
Il existe un léger risque de voir se produire une neuropathie temporaire périphérique (perte de sensibilité dans les doigts et les orteils), mais cela est extrêmement rare, et l'interruption du traitement permet généralement une récupération complète.
Pour plus d'informations : vous trouverez une synthèse en anglais des études consacrées à la vitamine B6 à l'adresse http://www.autismwebsite.com/ari/treatment/b6studies.htm, ainsi que différents articles traduits dans la section en langue française du site.
Discussion
Les acides gras sont des nutriments essentiels pour l'organisme. Présents dans la membrane de chaque cellule, ils représentent environ 20% du cerveau chez l'enfant. Le lait maternel en est très riche, mais la plupart des laits infantiles sont dépourvus de ce nutriment essentiel au développement du cerveau.
Il existe deux principales catégories d'acides gras essentiels : les omégas 3 et les omégas 6. Les premiers ayant une durée de vie relativement courte, l'industrie alimentaire recourt souvent à l'hydrogénation, partielle ou complète, afin d'en allonger la durée de vie, ce qui a pour conséquence d'en annuler la valeur nutritionnelle. En conséquence, 80% de la population américaine est carencée en acides gras omégas 3. Il s'agit là du problème nutritionnel le plus répandu aux Etats-Unis.
Des taux abaissés d'acides gras essentiels sont associés à de nombreux troubles d'ordre psychologique tels que dépression, dépression post-natale, trouble bipolaire (trouble maniaco-dépressif) ainsi que le syndrome de Rett (similaire à l'autisme). Deux études publiées ont plus particulièrement mis l'accent sur les carences particulièrement marquées en acides gras omégas 3 chez les enfants autistes.
Traitement
L'une des meilleures sources d'acides gras omégas 3 est le poisson, qui se nourrit d'algues et de plancton. De nombreux poissons présentent malheureusement une teneur élevée en mercure et autres substances toxiques, en particulier les gros poissons prédateurs (requin, espadon et thon). Les petits poissons tels que le saumon, ou encore la crevette, sont en principe moins contaminés, mais tout dépend de leur origine. Il est donc généralement plus sûr de donner aux enfants des acides gras provenant d'huiles de poisson, car celles-ci ne contiennent que peu de mercure. Les huiles de poisson et le poisson ne se conservant pas très longtemps, il est nécessaire, pour disposer d'huiles de qualité inodores et non rancies, de les conserver au réfrigérateur.
Deux des principaux acides gras omégas 3 essentiels sont l'EPA et le DHA. Le DHA est essentiel au développement précoce du cerveau, l'EPA intervient dans le développement ultérieur.
Doses conseillées : (en termes de teneur en omégas 3 et non de quantité totale d'huile qui peut contenir d'autres huiles) :
Bilans
Les taux d'acides gras peuvent être mesurés dans la membrane cellulaire des globules rouges. Toutefois, la population de pays tels que les Etats-Unis présentant des taux insuffisants d'omégas 3, il est conseillé d'atteindre les taux maximaux de la plage des valeurs considérées "normales" pour les omégas 3. De même, il est conseillé de mesurer la quantité absolue de chaque acide gras plutôt que le pourcentage de chacun d'entre eux.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% aggravation |
% sans effet |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Acides gras |
2% |
42% |
55% |
626 |
Recherche
De très nombreuses études scientifiques montrent que l'homme a besoin d'acides gras essentiels, et que la population de pays tels que les Etats-Unis n'en consomme généralement pas en quantités suffisantes. Comme indiqué plus haut, deux études ont révélé que les enfants atteints d'autisme présentent des taux d'omégas 3 abaissés par rapport à ceux des enfants neurotypiques.
Quatre études consacrées au traitement d'enfants et d'adultes atteints d'autisme ont été menées.
Pour plus d'informations, voir www.nordicnaturals.com.
Enzymes digestives
Discussion
L'organisme produit normalement différentes enzymes digestives dont la fonction est de fractionner les grosses molécules d'aliments en molécules plus petites qui peuvent être ensuite assimilées. Ce processus nécessite différentes enzymes pour différents types de protéines, de glucides et de graisses. Les enfants atteints d'autisme peuvent manquer de certaines enzymes, ou celles-ci peuvent ne pas être suffisamment efficaces. Ces problèmes sont particulièrement fréquents chez les enfants présentant des troubles intestinaux (constipation chronique ou diarrhées).
L'une de ces enzymes, la DPP4, est facilement désactivée par de petites quantités de substances toxiques telles que le mercure et les organophosphates (pesticides). L'enzyme DPP4 est nécessaire à la digestion de certains peptides issus de la caséine ainsi que d'autres substances susceptibles d'exercer un effet opioïde.
Traitement
Une enzyme digestive à chaque repas, en général en début de repas. Opter pour des enzymes aussi complètes que possible : des protéases pour les protéines, des lipases pour les graisses, et des disaccharidases et ainsi que d'autres enzymes pour les glucides.
Nous conseillons la prise d'enzymes en complément du régime et non en guise de régime. Si un enfant présente des difficultés pour digérer le blé ou les produits laitiers, il convient d'éviter ces aliments et d'ajouter des enzymes digestives pour contrer une possible exposition involontaire.
Il arrive, pendant les traitements de détoxication, que des substances toxiques telles que du mercure, soient libérées des cellules dans lesquelles elles se trouvaient séquestrées, et éliminées par la bile. Toutefois, une fois atteint l'intestin grêle, ces substances (mercure) peuvent se lier et désactiver des enzymes telles que les peptidases (DPP4) et les disaccharidases, nécessaires à la digestion des sucres complexes. Certaines études ont pu conclure à l'absence de preuve formelle de l'intérêt des enzymes digestives avant démarrage du processus de détoxication. Il semblerait toutefois que ces aides à la digestion puissent remplir différentes fonctions et que la perception des "choses" soit susceptible d'évoluer.
Bilan
Une analyse complète des selles peut permettre d'identifier les types d'aliments mal digérés et donc les enzymes spécifiquement manquantes ou insuffisamment actives.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% aggravation |
% sans effet |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
Enzymes digestives |
3% |
42% |
56% |
737 |
Recherche
Des études menées par Horvath et al. et Kushak/Buie ont démontré une mauvaise digestion des glucides chez de nombreux enfants autistes :
Traitement des intestins : antifongiques et probiotiques
Discussion
Les intestins contiennent un grand nombre de bactéries (dix fois plus de bactéries dans les intestins que de cellules dans le corps). La plupart de ces bactéries sont bénéfiques et favorisent la digestion et l'hydratation tout en évitant la prolifération des bactéries pathogènes et des levures.
Les intestins de certains enfants atteints d'autisme ne possèdent pas suffisamment de bactéries bénéfiques, tandis que les bactéries pathogènes et les levures prolifèrent. Ces dernières produisent des toxines qui peuvent perturber de manière notable le fonctionnement intellectuel et le comportement ; les levures peuvent par exemple produire de l'alcool, ce qui montre aisément à quel point les toxines émanant des levures peuvent gravement perturber le comportement.
Il semblerait que la meilleure manière de combattre ces problèmes consiste à associer un régime antifongique, des médicaments antifongiques (en présence de levures) et la prise de probiotiques (bactéries bénéfiques). Cette triade peut aider à restaurer le fonctionnement des intestins.
Traitements
Régime antifongique
Les levures se nourrissant des sucres et glucides simples présents dans l'alimentation, il peut être utile de réduire la consommation de ces aliments, voire de les supprimer. Il est également conseillé d'éviter les aliments contenant des levures ou des produits des levures tels que les jus de fruit, le vinaigre, les produits à pâte levée (pain, pizzas, pâtisseries), le fromage et les champignons (qui sont une forme de levure).
Durée
Le Dr Sidney Baker conseille un essai de 5-14 jours, suivi d'une forte exposition afin de constater si le régime entraîne une amélioration. Si tel est le cas, le régime est à maintenir à long terme.
Médicaments antifongiques
Il existe différents types d'antifongiques, disponibles sur prescription ou en vente libre, et il est parfois nécessaire d'effectuer plusieurs essais avant de trouver celui qui conviendra pour un type donné de levures. La Nystatine est le médicament le plus sûr, car il n'est pas absorbé, mais de nombreuses levures sont maintenant résistantes à ce produit. Le Diflucan, le Sporanox, le Lamisil et le Nizoral sont des alternatives auxquelles les levures sont moins susceptibles de résister, mais ces médicaments étant assimilés, ils présentent un risque très limité de surcharge du foie et les enzymes du foie doivent être vérifiées au bout de quelques mois puis par la suite en cas d'utilisation prolongée.
Parmi les traitements antifongiques disponibles sans ordonnance, il faut citer l'acide caprylique, les concentrés d'origan, les graines de pépins de pamplemousse, l'acide undécylénique ainsi que le pau d’arco. On peut également recourir aux saccharomyces boulardii, ultra-levure inoffensive qui détruit les autres levures tout en favorisant le développement des levures bénéfiques mais disparaît au bout de quelques semaines en laissant généralement derrière elle une flore saine.
Durée
Le Dr Sidney Baker préconise une série d'essais successifs à fortes doses pendant 2-3 semaines pour chaque fongicide jusqu'à ce que soit trouvé celui qui opèrera.
Réaction de "die-off" : la destruction des levures peut entraîner une libération brutale de toxines. Ce phénomène temporaire peut durer quelques jours et être suivi d'une bonne amélioration une fois toutes les toxines évacuées.
Probiotiques
Les probiotiques sont des mélanges d'une ou plusieurs bactéries utiles, normalement présentes dans les intestins. De nombreux probiotiques ne contiennent que quelques milliards tout au plus de bactéries, tandis que d'autres, plus dosés, en contiennent de 30 à 75 milliards, voire jusqu'à 500 milliards dans d'autres, disponibles sur prescription.
Les probiotiques les plus fortement dosés sont ceux les plus susceptibles d'atteindre les intestins pour les recoloniser avec de bonnes bactéries.
Si des probiotiques fortement dosés continuent d'être nécessaires, un dysfonctionnement grave tel qu'une pancréatite peut être envisagé.
Durée
Une dose élevée peut être initialement utilisée, suivie d'une dose d'entretien moins dosée.
Bilan
Un test simple et très utile consiste à regarder les selles, puisque celles-ci sont composées pour moitié de bactéries. Elles doivent être au nombre d'une à trois par jour, bien formées, et d'une couleur brun foncé à très foncé.
Précautions en matière d'antibiotiques
Un traitement
d'antibiotiques par voie buccale tue généralement plus de 99% de la flore intestinale
utile mais n'exerce quasiment aucun effet sur les levures ainsi que différents
types de bactéries pathogènes qui peuvent alors proliférer par manque de
concurrence.
Les antibiotiques par voie buccale s'accompagnent souvent d'une prolifération
de mauvaises bactéries et de levures, et sont suspectés d'être à l'origine de
nombre des problèmes gastro-intestinaux observés dans l'autisme.
Différentes études ont montré que les enfants atteints d'autisme s'étaient vu administrer beaucoup plus d'antibiotiques par voie buccale pendant les premières années de leur vie que les enfants neurotypiques.
Bilan
Une analyse complète des selles (qui peut être réalisée aux Etats-Unis par les laboratoires Great Smokies et Doctor’s Data) permet d'identifier la proportion de certaines bactéries normales ou au contraire pathogènes, ainsi que des levures présentes dans les intestins.
Une analyse de sensibilité peut suggérer quels sont les antifongiques les plus susceptibles de convenir, mais la meilleure approche consiste le plus souvent à effectuer des essais successifs avec différents antifongiques.
Un test des acides organiques urinaires peut être réalisé afin d'identifier des niveaux anormalement élevés de métabolites dans les urines, mais la fiabilité de ce test peut s'avérer incertaine.
Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI
|
% aggravation |
% sans effet |
% amélioration |
Nombre de cas |
|
|
AntifongiquesC: Diflucan |
5% |
41% |
55% |
330 |
|
AntifongiquesC: Nystatine |
5% |