ARRI Volume 22, No 1
Le gouvernement cède du terrain sur un cas d'accident vaccinal
Dans un cas soumis aux experts en novembre dernier et qui fera jurisprudence, le gouvernement américain a admis le rôle déclencheur de la vaccination dans les symptômes autistiques d'une enfant à laquelle est accordée à ce titre une réparation financière.
L'action en justice concernait une enfant en bonne santé et au développement parfaitement normal jusqu'à cette consultation des 18 mois à l'occasion de laquelle le médecin lui avait injecté cinq vaccins (dont deux contenant du thimoséral) correspondant à neuf maladies différentes. En l'espace de deux jours, l'enfant avait souffert d'une forte fièvre et était devenue léthargique et irritable. C'est là qu'avaient également commencé des cris perçants, que rien ne semblait pouvoir faire cesser, ainsi que la perte de réaction aux stimuli. Un peu plus tard, l'enfant avait commencé à se cambrer, une réaction à la vaccination contre la varicelle était apparue sous la forme d'éruption cutanée, et elle avait commencé à présenter des vomissements et une diarrhée chroniques. Pendant les mois suivants étaient apparus des symptômes de l'autisme tels que la perte du langage, l'absence de réponse aux instructions verbales, la perte du contact oculaire, des déficits sensoriels, ainsi qu'un pica (ingestion d'objets non alimentaires).
Andrew Zimmerman, neurologue attaché à l'unité de neurologie de l'hôpital pédiatrique Kennedy Krieger, avait diagnostiqué chez l'enfant une "encéphalopathie régressive aux symptômes cohérents avec un trouble du spectre autistique faisant suite à un développement normal". Les examens de laboratoire avaient par la suite révélé une maladie de la phosphorylation oxydative (l'un des principaux mécanismes permettant à la mitochondrie - "usine à énergie" des cellules - de convertir les aliments en énergie).
L'enfant, aujourd'hui âgée de neuf ans, continue de nécessiter des séances d'orthophonie, d'ergothérapie, de psychomotricité et thérapie comportementale. Il y a deux ans ont débuté des convulsions partielles complexes.
Le gouvernement a justifié en ces termes la décision de réparation : "les professionnels de santé de la DVIC (Division of Vaccine Injury Compensation) du ministère de la santé ont étudié les éléments qui lui étaient soumis tels que présentés dans la requête, les dossiers médicaux et les déclarations écrites sous serment. Après examen approfondi du dossier, elle a conclu qu'un dédommagement était approprié dans ce cas précis".
Et de poursuivre, "En résumé, la DVIC a conclu que les faits propres à ce dossier répondaient aux critères statutaires en établissant que la vaccination pratiquée sur l'enfant le 19 juillet 2000 avait aggravé de manière significative une pathologie sous-jacente de la mitochondrie qui la prédisposait à des déficiences du métabolisme de l'énergie cellulaire et s'est manifestée sous la forme d'une encéphalopathie régressive [inflammation du cerveau] présentant les caractéristiques d'un trouble du spectre autistique". La DVIC avait initialement conclu que les convulsions de l'enfant n'étaient pas dues à la vaccination, mais devait revenir ultérieurement sur ces conclusions.
Le gouvernement maintient qu'il n'existe pas de "preuve crédible" d'un lien entre vaccins et autisme, mais la concession faite dans ce cas précis pourrait avoir un puissant impact sur les quelque 5 000 autres dossiers en attente de jugement au titre d'un autisme induit par la vaccination. Si les problèmes de la mitochondrie sont très rares chez les enfants au développement classique, une étude menée par Andrew Zimmerman (le médecin qui avait diagnostiqué l'enfant) et al. établit que 38 % des patients autistes suivis par l'hôpital Kennedy Krieger présentaient un marqueur d'anomalie de la phosphorylation oxydative, et que 47 % présentaient un marqueur différent pour ce problème. Zimmerman et al. concluent que les enfants présentant des anomalies du métabolisme énergétique cellulaire induites par des défauts de la mitochondrie "pourraient être plus susceptibles de connaître une régression autistique entre 18 et 30 mois à l'occasion d'une infection ou d'une immunisation".
Note de la rédaction : A consulter l'excellente analyse de ce jugement et des questions embarrassantes qu'il soumet aux responsables qui continuent de réfuter tout lien entre vaccination et autisme : "Government concedes vaccine-autism case in federal court - now what?" de David Kirby, auteur d'Evidence of Harm, sur l'Huffington Post.com.
Le texte complet de ce jugement est disponible en ligne sur le site www.AgeOfAutism.com. Pour plus de précisions sur l'enfant dont il est question et sur la recherche suggérant une étroite corrélation entre anomalies de la mitochondrie et autisme, voir "Developmental regression and mitochondrial dysfunction in a child with autism" (régression du développement et anomalies de la mitochondrie chez une enfant atteinte d'autisme), J. S. Poling, R. E. Frye, J. Shoffner et A. W. Zimmermann, Journal of Child Neurology, Vol. 21, No. 2, février 2006, 170-2.
Traduit par é.t.i.c
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