ARRI Volume 22, No 1
Thimésoral : quel est le risque ?
Selon une étude menée par des chercheurs de l'université de Rochester, l'organisme du jeune enfant évacue l'éthylmercure (la forme de mercure contenue dans le thimoséral, conservateur de vaccins) plus de dix fois plus rapidement que le méthylmercure (forme de mercure que l'on retrouve dans le poisson).
Michael Pichichero et al. ont réparti 216 jeunes enfants de Buenos Aires (où le thimoséral continue d'être présent dans les vaccins) en trois groupes d'âge, et testé leur taux de mercure sanguin avant et après injection de vaccins à la naissance ainsi qu'aux visites de contrôle des deux et six mois. Ils notent que, dans les trois groupes d'âges, la demi-vie de l'éthylmercure dans le sang (le temps que met la moitié du mercure pour disparaître du sang) était de 3,7 jours. La demi-vie du méthylmercure est en revanche de 44 jours.
"Jusqu'à récemment, cette demi-vie longue était considérée la règle pour les deux types de mercure", rappelle Michael Pichichero. "Mais il apparaît aujourd'hui que la demi-vie plus courte du méthylmercure évite une accumulation toxique. Cette forme de mercure disparaît tout simplement trop vite".
Les chercheurs notent que les enfants du groupe des six mois, celui le plus exposé à l'éthylmercure des trois groupes, présentaient les mêmes taux de mercure sanguin avant vaccination que la plupart des enfants du groupe des deux mois. Une constatation qui suggère, estiment-t-ils, l'absence d'accumulation d'une vaccination à l'autre. L'étude a également démontré que l'éthylmercure était quasiment absent des prélèvements d'urine. Les chercheurs en déduisent que le mercure est essentiellement éliminé par les selles ce qui est, à leur sens, rassurant sachant la toxicité du mercure pour les reins.
Les chercheurs concluent que ces résultats exonèrent le thimoséral de toute responsabilité dans l'étiologie de l'autisme. Pourtant, le spécialiste de la sécurité des vaccins Boyd Haley n'a pas mâché ses mots pour critiquer cette étude qu'il a qualifiée d'"incroyablement incompétente".
"Les études menées sur les lapins il y a des années de cela ont montré que 75 % du mercure du thimoséral disparaissaient du sang en l'espace de six heures, en même temps que l'on assistait à une élévation notable dans le cerveau, le foie et les reins", rappelle Boyd Haley. "Pour caricaturer les choses, la majeure partie du thimoséral qui quitte le sang ne disparaît pas pour autant de l'organisme. En aucun cas les intestins des lapins ou des enfants ne sont à même d'éliminer quoique ce soit aussi rapidement".
Boyd Haley constate que les chercheurs sont partis de l'hypothèse que l'éthylmercure quittait l'organisme des enfants via les selles sans pour autant tester cette hypothèse. "En guise de localisation du thimoséral, leur seule certitude est qu'il ne se trouve ni dans le sang ni dans l'urine, voies d'excrétion habituelles. Cette observation signifie en réalité que l'éthylmercure du thimoséral, de nature très hydrophobe, s'accumule ailleurs dans l'organisme de l'enfant".
Pichichero et al. notent dans le communiqué de presse qui accompagne leur étude que les enfants dont les mères avaient consommé pendant leur grossesse douze repas en moyenne par semaine à base de poisson - soit environ dix fois la consommation américaine moyenne - ne présentaient aucun symptôme suspect, et estiment que leurs résultats démontrent que l'éthylmercure du thimoséral pourrait être encore plus inoffensif que le méthylmercure consommé dans le poisson. "Rappelons quand même", argumente Boyd Haley, "que ce mercure préalablement modifié par les protéines et le sélénium du poisson, n'est pratiquement plus biodisponible pour réagir avec les protéines humaines. Ce mercure a déjà réagi, et de nombreuses études sur la toxicité du méthylmercure ou la teneur totale en mercure du poisson ont démontré que plus de 95 % de ce mercure n'est pas biodisponible et donc susceptible d'entraîner des réactions toxiques". Selon Boyd Haley, si les femmes enceintes se voyaient injecter la quantité de méthylmercure qu'elles peuvent ingérer sous forme de poisson, "il y a fort à parier qu'elles seraient malades". En outre, estime-t-il, "l'injection d'une substance toxique court-circuite la protection intestinale que nous avons développée pour nous protéger des métaux lourds ingérés, car la métallothionine, protéine qui se lie aux métaux lourds et permet leur élimination, est située aux deux tiers dans les intestins de l'homme". Et Haley de conclure : "Pichichero compare en réalité un mercure déjà exposé à des processus biochimiques à un mercure pur comme s'il s'agissait des mêmes substances alors que ce n'est absolument pas le cas".
"Mercury levels in newborns and infants after receipt of thimoseral-containing vaccines" (taux de mercure chez le nouveau-né et le jeune enfant après injection de vaccins contenant du thimoséral), M. E. Pichichero, A. Gentile, N. Giglio, V. Umido, T. Clarkson, E. Cernichiari, G. Zareba, C. Gotelli, M. Gotelli, L. Yan et J. Treanor, Pediatrics, Vol. 121, No 2, février 2008, e208-14. Adresse : Michael Pichichero, michael_pichichero@urmc.rochester.edu.
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"Babies excrete vaccine-mercury quicker than originally thought" (les bébés excrètent le mercure vaccinal plus rapidement que ce que l'on a pu penser), communiqué de presse, University of Rochester Medical Center, janvier 2008.
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"On Pichichero's fast mercury studies" (à propos des études rapides de Pichichero sur le mercure), Boyd Haley, Schafer Report, 31 janvier 2008.
Traduit par é.t.i.c
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